Notre culture, c’est de nos affaires !
Jean-Philippe | 19 septembre 2008
Suite aux coupures du gouvernement fédéral dans la culture, le débat pourtant ravivé lors du gala des Gémeaux, s’était subitement essoufflé, faute de soutien populaire. En effet, les Québécois n’ont pas du tout suivi la fronde lancée par les artistes à l’endroit d’Ottawa. Or, suite à une sortie, plutôt maladroite il faut bien le dire, de la ministre Josée Verner, puis suite également, à la diffusion sur YouTube d’un sketch de la part de quelques artistes, il semblerait que le sujet revienne à l’ordre du jour.
Au moment de l’annonce des coupures, sur le coup, je pensais à une grossière erreur du gouvernement Harper. La culture, grande fierté de notre nation, peut difficilement survivre dans un marché aussi petit que celui du Québec. Coupures que je voyais au départ comme néfastes et, surtout, kamikazes de la part de Stephen Harper, à la veille du déclenchement des élections. Ce fût donc là ma réaction « à chaud ».
Cependant, en y réfléchissant un peu plus, j’y est vu une véritable aubaine, mais également un symbole !
Que l’on soit souverainiste ou fédéraliste, et comme l’avait proclamé Robert Bourassa, premier ministre libéral le 22 juin 1990, suite à l’échec de l’accord du lac Meech : « le Québec est aujourd’hui et pour toujours, une société distincte, libre, capable d’assumer son destin et son développement ! ».
Car on le sait, et la vidéo des artistes en colère illustre justement bien le problème, notre culture est différente de celle du Canada anglais. Notre histoire, nos racines, nos chanteurs, nos cinéastes, nos écrivains, nos metteurs en scène… sont bien différents de ce que l’on trouve de l’autre côté de la rivière des Outaouais. Ce ne sont tout simplement pas les mêmes ! Alors pourquoi devrions-nous remettre dans les mains du gouvernement fédéral du Canada, le destin de notre culture, alors qu’il y a entre-nous autant de différences et d’incompréhensions ?
Pourquoi devrions-nous dépendre d’un système, alors que nous multiplions les efforts pour assumer, nous-même, notre destin dans bien des domaines ? Il y a quelque chose qui m’échappe dans les revendications des artistes, surtout qu’il est de notoriété publique d’être très majoritairement indépendantistes ! Je trouve d’ailleurs cela très ironique de voir autant de souverainistes, louanger les aides canadiennes en faveur de la culture. Personnellement, ça me mets mal à l’aise.
Reprenons donc l’initiative ! Il s’agit là, d’une excellente occasion pour nous, de reprendre en main notre culture, qui est notre richesse, en l’assumant et en l’aidant par nous-mêmes !
Bien-sûr, cela va sans dire, cela devra se conjuguer avec une autre action, celle de résoudre totalement le déséquilibre fiscal. Mais dans les deux cas, c’est au gouvernement du Québec de se réveiller et de montrer qu’il accepte d’agir comme le gouvernement d’une véritable nation ! Et non pas se plaire dans le rôle de « province comme les autres ».
On en veut de l’autonomie ? Prenons-en !
[Mise à jour]
Parfois, un dessin vient à point pour expliquer un propos. Il se trouve que Ygreck, dessinateur pour le Journal de Québec, vient de publier une illustration qui va assez bien avec le sens (d’une partie) de mon billet… Je vous laisse juger par vous-même.
Source : Ygreck.ca
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